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En ville comme à la campagne, les pharmaciens n’arrivent pas à recruter.

Au total, 15 000 postes sont a pourvoir dans les officines, de plus en plus d’étudiants se détournent de ce métier, autrefois attractif.

Après la restauration, l’hôtellerie, l’enseignement… le secteur de la pharmacie fait face, lui aussi, à une pénurie de professionnels.

À Reims, cela fait deux ans qu’Amandine Brayotel cherche un assistant pharmacien. En vain.

Elle évoque ses horaires à rallonge, des gardes de nuit et de week-end. Un rythme éprouvant qui l’a poussée à prendre une décision radicale : fermer l’officine le samedi….

« J’ai décidé de fermer et d’avoir une espèce de tranquillité d’esprit de me dire ‘je me consacre pleinement cinq jours par semaine à mon officine et les deux jours restants à ma famille’ « 

Il y a bien les préparatrices mais il faut en permanence la présence d’un pharmacien. Elle cherche donc son adjoint. « Il n’y a pas de candidats. Il n’y a aucune candidature », insiste-t-elle. 

Les jeunes se détournent du métier. À la faculté de pharmacie, parmi les jeunes rencontrés en troisième année, aucun ne se destine à l’officine.

« Dans l’idéal, je me destinerai à une carrière hospitalière. Moi, je travaille déjà en officine et ce n’est pas forcément ce qui me passionnerait en tant que métier. Je trouve ça peut-être un peu trop redondant à mon goût »

En cause : une réforme complexe des études de santé

Depuis septembre 2020, la première année commune des études de santé (Paces) a été remplacée par deux filières : le parcours d’accès spécifique santé (Pass), et la licence accès santé (Las). En Paces, un concours déterminait un classement, tenant compte d’un numerus clausus pré-défini. Tous les étudiants « classés » accédaient alors automatiquement en deuxième année d’études.

« c’est un modèle de licence qui s’applique, alors si on n’a pas la moyenne, on ne passe pas »

 Romain Gallerand

Or, « les cours sont aussi compliqués qu’avant », déplore-t-il, ce qui peut expliquer une diminution du nombre d’étudiants sélectionnés. Au niveau national, il manque 1100 étudiants en deuxième année de pharmacie. Dans les officines, il manque 15.000 pharmaciens et préparateurs.  

Une situation identique en zone rurale

Même constat en zone rurale. Dans les Ardennes, à Bairon, près de Charleville-Mézières, la pharmacienne a le même problème. « Je suis même allée poser des annonces moi-même à la faculté de pharmacie de Reims. J’en ai déposé aux cabinets médicaux », soupire Virginie Pilard. Elle publie aussi ses annonces sur les réseaux sociaux. « J’ai une jeune retraitée qui me donne aussi un coup de main parce que c’est une connaissance et autrement une jeune, elle ne veut faire que quelques jours et elle a des exigences salariales importantes », poursuit Virginie Pilard. 

Pas assez de vocations malgré un salaire confortable. Un pharmacien salarié touche en moyenne 3000 euros en début de carrière et 7000 euros en moyenne pour un pharmacien qui a pu acheter son officine. Sur Internet, des milliers de pharmacies sont à la vente. Une moitié seulement trouve repreneur. « Il y a un méfait d’accélération du départ à la retraite et aujourd’hui, le constat qu’on fait, c’est qu’il y a de moins en moins de pharmaciens disponibles, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas reprendre possession des officines », explique Aurélien Filoche, pharmacien à Bouray-sur-Juine (Essonne). 

source : https://www.tf1info.fr/sante/il-n-y-a-pas-de-candidats-15-000-pharmaciens-et-preparateurs-manquants-dans-les-officines-2238273.html
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