La Caisse nationale de l’assurance maladie pourrait imposer aux néo-diplômés en masso-kinésithérapie de travailler pendant deux ans dans les zones sous-denses en échange d’un exercice conventionné.

Après les internes en médecine, les kinés :

 C’est en tout cas ce qui ressort des concertations entre les syndicats de la profession et la Caisse nationale de l’assurance maladie.

Ces négociations, qui ont lieu tous les cinq ans, ne concernent habituellement pas la formation et les étudiants. Une première selon la FNEK (fédération nationale des étudiants kinésithérapeutes) qui tente de trouver un compromis.

Deux années d’exercice dans les déserts médicaux pour les nouveaux kinés ?

« Ça a été une surprise pour tout le monde ! »

Jeanne Gaschignard présidente de la FNEK

 En juillet dernier, après sept mois d’échanges, la Caisse nationale de l’assurance maladie proposait deconditionner l’accès au conventionnement des nouveaux diplômés par l’exercice de trois ans dans les zones sous-denses pour répondre aux besoins démographiques.

La crainte d’une fuite des diplômés en kinésithérapie

« Le conventionnement est nécessaire pour l’exercice en libéral : cela peut entrainer une pratique illégale mais aussi l’augmentation du salariat des kinés »

Jeanne Caschignard

Ces zones sous-denses ne seront jamais stables, ajouter à cela la suppression des aides à l’installation… Tout cela n’a rien de bon pour les étudiants. » La FNEK s’inquiète aussi de la « fuite des future générations étudiantes à l’étranger ou dans d’autres formations. Nombre d’étudiants remettront en question leur vocation ».

Mais tout est entre les mains des syndicats de la profession : la FFMKR, Alizé et le SNMKR. Le premier a d’ores et déjà validé la mesure, les deux autres ne comptent pas la signer mais pour l’annuler, ils doivent s’y opposer. Alizé et le SNMKR ont un mois pour rendre leur décision.

Des négociations sur le coût de la formation

En guise de compromis, la Caisse nationale de l’assurance maladie aurait proposé de prendre en charge financièrement la formation des étudiants. « Juridiquement impossible », selon la FNEK.

En attendant, les négociations se poursuivent. La ministre Agnès Firmin Le Bodo, chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé, a également envoyé une lettre aux syndicats certifiant « l’engagement qu’un travail est lancé » autour des « problématiques du coût de la formation en kinésithérapie ».

L’accès financier aux études de kinésithérapie demeure en effet compliqué pour de nombreux étudiants et engendre des difficultés lors de l’entrée dans la vie professionnelle », note la ministre. Des réponses qui ne contentent pas la FNEK : la fédération assure être consultée par les syndicats pour peser dans la décision finale.

Source : L’étudiant par Pauline Bluteau, publié le 21 Decembre 2022

https://www.letudiant.fr/etudes/medecine-sante/les-diplomes-en-kine-bientot-obliges-d-exercer-dans-les-deserts-medicaux.html
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