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Nouveauté de la réforme du premier cycle des études de santé, l’organisation des oraux et surtout leur prise en compte pour la validation de l’année de PASS ou de L.AS a créé de nombreux couacs. Le président de la conférence des doyens de médecine, Didier Samuel, reconnaît « un travail à faire », même si les universités restent autonomes en la matière.

Fini le concours écrit de la PACES, désormais pour accéder en deuxième année d’études de santé MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kiné), seuls les résultats aux examens écrits des deux semestres de l’année comptent. Mais pour certains étudiants de PASS et de L.AS, qui n’auraient pas été admis directement, il faut également passer des oraux d’admission. Un exercice qui sera pris en compte pour le classement final.

L’année dernière, ces sessions d’oraux avaient donné lieu à des contestations d’étudiants qui s’estimaient lésés. Alors que ceux de 2022 approchent, le président de la conférence des doyens de médecine, Didier Samuel, assure qu’un travail est en cours.

« L’oral représente en moyenne environ 30% de la note globale, sur l’ensemble des facultés, affirme-t-il. L’an dernier, il y a eu des extrêmes mais il est plutôt recommandé de ne pas dépasser 50%. » Ces extrêmes, comme à l’Université de Paris où l’oral avait représenté environ 70% de la note, avaient conduit des étudiants bien classés à l’écrit à déposer des recours après avoir chuté de centaines de places.

« Il y a un travail sur les jurys et les questions qu’on pose à l’oral. Un groupe de travail sur la R1C (réforme du premier cycle des études de santé, ndlr) essaie de guider l’ensemble des facultés sur ces sujets », souligne Didier Samuel. Pour autant, ce sont bien les universités qui décident in fine de leurs modalités d’évaluation, car « chaque faculté a le droit d’avoir sa propre règle ».

Remise en cause de la forme des oraux mais pas du fond

Le travail a donc consisté à « évaluer, synthétiser, puis proposer une discussion autour de bonnes pratiques – tout en sachant que le comité n’a pas de pouvoir prescriptif », explique Nicolas Lerolle, qui pilote le fameux groupe de travail sur la réforme du premier cycle.

Parmi les compétences que la quasi-totalité des universités évaluent, « l’aisance à l’oral et le respect de consignes« , précise le doyen de la faculté de santé d’Angers, mais aussi « les capacités d’analyse et de synthèse de questions complexes« . Une majorité évalue la compétence relationnelle et quelques-uns la connaissance de soi et le contrôle émotionnel.

Pour cela, les étudiants de PASS et de L.AS devaient exposer un projet professionnel, réagir face à un comédien, à un article de presse ou une vidéo qui, « pour la majorité des sites, n’avaient pas de rapport avec la santé« , rappelle Nicolas Lerolle. C’est cette déconnexion, avec par exemple des questions sur la barrière de corail, qui avait poussé des étudiants de Paris à déposer un recours.

Si la justice a donné raison – en deux temps – aux 48 étudiants requérants sur la forme (la composition des jurys), elle n’a cependant pas remis en cause le fond. « On cherche la capacité d’analyse et synthèse ; pour ces compétences le sujet n’a pas d’importance majeure. Éviter des sujets médicaux permet aussi de ne pas favoriser des élèves qui baignent déjà dans ce milieu« , défend le professeur.

Seul un quart des étudiants en PASS et L.AS impactés par le poids de l’oral ?

Le problème résiderait donc plutôt dans le poids de cet oral pour être admis en deuxième année, de 20 à 70% de la note totale selon la fac l’an passé. Le comité a regardé le pourcentage théorique d’étudiants « reclassés » entre l’écrit et l’oral, passant de non admis à admis ou inversement. « En médiane, sur tous les sites analysés, ce ‘reclassement’ était de 23% pour ceux qui ont passé l’oral« , sans compter les admis directs. Soit ni trop, ni pas assez selon lui, puisque « les compétences évaluées sont extrêmement importantes ».

Pour plus de justice, ne faudrait-il pas alors faire passer un oral à tous les candidats, comme à Tours et Nantes, et pas seulement à la seconde moitié du classement ? « Une réflexion est en cours, admet Nicolas Lerolle. Il y a des questions d’organisation, il faudrait doubler le nombre d’examinateurs… mais c’est une réflexion pertinente si on considère que ces compétences sont importantes.« 

Pour le doyen, il faut enfin que les universités affichent « clairement les compétences évaluées, optimisent les préparations aux oraux et puissent expliquer aux étudiants le pourcentage d’impact de l’oral sur le classement ». « Avec l’expérience, les choses vont se calibrer », promet-il.

Sources:
L’Etudiant

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