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PASS ou L.AS, la deuxième génération d’étudiants depuis la réforme de 2020 pour l’accès aux études de santé attend ses résultats. Témoignages.

Au premier semestre, je me levais à 7 heures, et à 7 h 1, j’étais au bureau, je travaillais jusqu’à 12 heures. Je prenais une pause de 30 minutes et je retravaillais. Mais à 21 heures, je dormais. J’apprenais vraiment tout par cœur », raconte Janelle, étudiante en PASS à l’université de Versailles-Saint Quentin-en-Yvelines (UVSQ), qui attend aujourd’hui ses résultats.

En ce mois de mai 2022, les étudiants en première année de médecine sont dans la dernière ligne droite des examens. Qu’ils soient en PASS (parcours accès spécifique santé) ou en L.AS (licence accès santé) (Ou LSpS (Licence Sciences pour la Santé à Strasbourg), les deux nouvelles filières qui permettent désormais d’accéder aux études de santé depuis la rentrée 2020, tous n’attendent qu’une seule chose : connaître les résultats de ce nouvel « examen classant » pour savoir si, oui ou non, ils vont accéder au métier souhaité.

Le numerus apertus

Depuis la rentrée 2020, la Paces (première année commune aux études de santé) est remplacée par le PASS et la L.AS, deux moyens alternatifs pour accéder aux prestigieuses études de santé MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie). L’objectif principal de la réforme portée par le gouvernement d’Emmanuel Macron en 2018 consistait à diversifier les profils des étudiants en santé, à mettre fin à la désorientation des étudiants qui avaient redoublé la Paces et à combler certains déserts médicaux avec la fin du numerus clausus (du latin « nombre fermé ») et la mise en place d’un numerus apertus (du latin « nombre ouvert »).

Le numerus apertus définit un nombre minimal de candidats à accepter, tandis que le numerus clausus en instaurait un nombre maximal. Ce numerus apertus, fluctuant selon les universités, entend coller davantage aux réalités du terrain – mais, bien sûr, la sélection est toujours de mise pour accéder à la deuxième année !

PASS et L.AS, faire le bon choix

Le bac en poche, le lycéen qui veut travailler dans la santé a deux alternatives. La première : le PASS, le parcours accès spécifique santé, destiné à l’étudiant certain de vouloir poursuivre vers des études de santé, mettant toutes les chances de son côté pour accéder à la fameuse deuxième année. À la rentrée 2021, le taux d’acceptation des étudiants en deuxième année MMOPK était le suivant : environ 65 % venaient de PASS et 35 % de L.AS. Mais ce ratio pourrait s’égaliser et il diffère selon chaque université !

L’autre alternative, c’est la L.AS, la licence accès santé. L’intérêt de ce format est de permettre au lycéen indécis de poursuivre vers une voie qui lui plaît (histoire, sciences politiques, mathématiques, etc.), tout en se réservant l’opportunité de s’orienter vers des études de santé. Ce que résume cet étudiant en L.AS de l’université de Limoges : « D’une façon générale, quand tu décides d’aller en PASS, c’est que tu es sûr de vouloir poursuivre vers le médical. La L.AS, elle, te permet plutôt d’avoir un aperçu de ce que sont les études de santé si tu n’es pas sûr de toi. » Il poursuit : « Parce qu’en L.AS, tu as juste la spé santé que tu as choisie, alors qu’en PASS, tu as plein de matières comme biophysique, chimie, biologie cellulaire, etc. »

14 ou 15 heures de travail quotidien

Malgré la fin du numerus clausus, en PASS, l’accès à la deuxième année d’études de santé reste très sélectif et difficile. Juliette, créatrice de vidéos sur TikTok où elle partage son quotidien d’étudiante à la Sorbonne, raconte : « Oui, j’ai vraiment hâte que l’année se finisse parce que c’est long. Moi, j’ai eu une prépa et j’avais fait la prérentrée, donc j’y suis depuis le 15 août. Franchement, on a hâte de retrouver une vie normale. » Elle vient de passer ses derniers examens et était arrivée 188e sur 1 500 au premier semestre. Une autre étudiante en PASS de l’université Paris-Cité témoigne : « Quand j’étais en période de révision, on m’amenait l’assiette dans ma chambre le midi, sinon je ne mangeais pas. […] Je prenais aussi beaucoup de magnésium, des vitamines C, tout ce qui était possible pour m’éviter les carences et pour assurer les 14 ou 15 heures de travail par jour. »

La fin du redoublement

L’une des nouveautés de la réforme est l’instauration d’une « mineure » en PASS, pour pouvoir réorienter les étudiants qui échoueraient. Avant la rentrée, ils doivent choisir une matière dans laquelle ils se sentent à l’aise ou qui leur plaît (droit, écogestion, mathématiques, histoire, etc.) : c’est leur « mineure ». Janelle a ainsi choisi le droit, « parce que ça me plaît et que, le par-cœur, c’est mon truc ».

Et désormais, le redoublement, c’est fini ! Les étudiants en PASS qui échouent poursuivent désormais vers une deuxième année – une L2 – de L.AS. À ce moment-là, leur mineure de PASS devient leur « majeure » de L.AS. C’est-à-dire que s’ils ont choisi une mineure mathématiques en PASS, ils se réorienteront vers une L2 mathématiques accès santé (L2 AS) : en clair, leur mineure deviendra majeure ! Cette L2 en L.AS constituera, pour ces élèves ayant échoué la PASS, leur dernière chance de candidater aux études de santé.

Mauvais calculs

Parmi les étudiants, les avis sont partagés. Plusieurs saluent la possibilité de se réorienter, comme Janelle, à qui « le droit plairait autant que les études médicales ». Mais Juliette regrette l’ancien système, en raison de la « mineure », qui a « gâché » son année. « C’est super dur d’avoir 10 dans ma mineure ! En fait, on passe une licence en même temps que l’année de médecine. Je me dis que, même si au deuxième semestre, j’ai un bon classement, je ne suis pas sûre de passer en deuxième année parce que je n’ai pas 10 dans ma mineure. » Il faut en effet obtenir la moyenne dans sa mineure pour passer en deuxième année, que ce soit en L.AS ou en études MMOPK.

D’autres font de mauvais calculs. Pour cet étudiant de l’université de Limoges, la mineure choisie en PASS ne lui a pas permis de se réorienter vers la L.AS qui lui était destinée : « Quand je suis allé en PASS, j’ai choisi la mineure où il y avait davantage de places, donc c’était assez stratégique. Mais au premier semestre de la PASS, je me suis rendu compte que cette mineure ne m’intéressait pas et puis je n’avais pas les résultats suffisants pour passer en deuxième année. Donc aujourd’hui je me suis réorienté sur Parcoursup vers une L.AS sciences de la vie, et je me retrouve en L1. »

Croisés aux abords de l’université, Grégoire et Adrien, étudiants en cinquième année de médecine, affirment que certains élèves de L.AS, acceptés en deuxième année, souffrent d’un manque de connaissances par rapport à ceux sortant de PASS. L’un d’eux regrette la sélection drastique à l’entrée des études de médecine avec la mise en place de la L.AS.

Sources:
L’Etudiant

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