Secrétaire médical(e) : un rôle essentiel toute l'année, pas seulement le jour où on le célèbre
On célèbre parfois les secrétaires le temps d'une journée. Je forme des secrétaires médicaux en apprentissage à Strasbourg, et je voudrais dire pourquoi ce métier compte tout le reste de l'année : ce qu'il apporte au parcours de soins, pourquoi les structures de santé continuent de chercher des profils formés, et ce que change le nouveau titre SAMA.
Mon point de vue, en quelques lignes. Le ou la secrétaire médical(e) est, selon la fiche officielle du titre SAMA, « le premier interlocuteur du patient ». C'est aussi la personne qui fait circuler l'information entre le patient, les soignants et les organismes. Les projections nationales annoncent moins de postes de secrétaires en général, mais beaucoup de départs à remplacer et peu de jeunes pour le faire. C'est pourquoi former des secrétaires médicaux reste, à mes yeux, un investissement utile pour un cabinet ou un établissement.
Il y a quelques mois, j'ai écrit sur LinkedIn : « On célèbre les secrétaires aujourd'hui. Mais leur rôle, lui, est essentiel toute l'année ! » Un post est forcément court. Cet article développe cette phrase.
Le premier visage du parcours de soins
Avant la consultation, il y a presque toujours une voix au téléphone ou une personne à l'accueil. La fiche du titre professionnel SAMA (RNCP40800), publiée par France Compétences, le dit sans détour : le secrétaire assistant médico-administratif « est le premier interlocuteur du patient et travaille en étroite collaboration avec les professionnels de santé d'une structure médicale ».
On réduit souvent ce rôle à « prendre des rendez-vous ». La fiche décrit bien plus : l'accueil physique et téléphonique, la prise en charge administrative et financière du patient, la planification des activités des soignants, la transcription d'écrits médicaux, le suivi du dossier patient. Elle précise que le ou la secrétaire « peut être amené à gérer des situations difficiles d'accueil, dans la limite de ses responsabilités ». Quiconque a déjà attendu un résultat d'examen ou appelé pour un proche malade sait ce que cela veut dire.
Le relais qui fait circuler l'information
Le deuxième apport est moins visible. Toujours selon la fiche officielle, le ou la secrétaire « joue un rôle central dans la transmission des informations » : avec les soignants et les autres services en interne, avec les autres secrétariats médicaux, l'Assurance maladie et les complémentaires santé en externe. Il ou elle assiste aussi les professionnels de santé « dans la coordination du parcours du patient ».
Concrètement, quand un courrier part au bon confrère, quand un dossier est complet le jour de l'hospitalisation, quand l'agenda d'un spécialiste tient compte des urgences, c'est ce travail-là. Et il s'exerce dans le respect du secret professionnel, du secret médical, des règles de confidentialité et d'identitovigilance, que la fiche cite explicitement. Une erreur d'identité ou une information transmise à la mauvaise personne n'est pas une faute administrative mineure dans un cabinet médical.
Un autre post que j'ai republié commençait ainsi : « En secrétariat médical, on parle souvent d'accueil, de téléphone, d'empathie… » Ces qualités comptent. Mais le métier repose aussi sur la rigueur, les outils numériques et la connaissance des circuits de soins.
Pourquoi les structures de santé continuent de recruter
Un post que j'ai republié s'intitulait « Secrétaires médicales : le maillon vital de la santé de demain ». Il s'appuyait sur le rapport « Les métiers en 2030 » de France Stratégie et de la Dares. Je l'ai relu pour voir ce qu'il dit exactement. Le constat est plus nuancé qu'on ne le croit, et c'est justement ce qui le rend intéressant.
Ce que dit le rapport « Les métiers en 2030 » (mars 2022) sur la famille « Secrétaires »
- 379 000 emplois en 2019, et 55 000 postes de moins projetés en 2030, soit une baisse de 15 % : les effectifs de secrétaires « poursuivraient leur déclin », sous l'effet du numérique et de la rationalisation du travail.
- Mais 138 000 départs en fin de carrière d'ici 2030, soit 37 % des effectifs de 2019 : un des taux de départs les plus élevés de tous les métiers.
- Résultat : 83 000 postes à pourvoir, pour 63 000 jeunes débutants attendus. Le rapport classe les secrétaires parmi les métiers « qui ont du mal à attirer », avec un déséquilibre potentiel de 20 000 personnes.
Chiffres en milliers arrondis, scénario de référence, famille professionnelle « Secrétaires » (secrétaires bureautiques et assimilés). Source : France Stratégie et Dares, Les métiers en 2030, annexe 4, tableau A3.
Une précision honnête s'impose : ce rapport ne distingue pas les secrétaires médicaux des autres secrétaires. Il ne dit donc pas, à lui seul, que le secrétariat médical manque de bras. En revanche, le mouvement de fond qu'il décrit, beaucoup de départs et peu de jeunes, concerne aussi nos métiers. Et le même rapport prévoit un développement continu des métiers de la santé.
En Alsace, je le constate dans les offres qui nous parviennent. Nous diffusons celles de structures médicales de Strasbourg, de Colmar et des environs sur notre page offres en apprentissage. Je relaie aussi des postes pour les titulaires du titre, comme celui de « secrétaire médico-social autonomie » publié par la Collectivité européenne d'Alsace, avec ce message : « A toutes et tous nos SAMS titré.s en recherche d'un poste!! ». Le réseau d'établissements est dense : l'UGECAM Alsace, dont j'ai relayé les portes ouvertes, gère à elle seule, selon son site, 11 établissements sanitaires, 4 services médico-sociaux et un secteur de psychiatrie relevant de l'Assurance maladie. Pour mesurer la demande près de chez vous, l'enquête Besoins en main-d'œuvre de France Travail donne les projets de recrutement par bassin d'emploi.
De SAMS à SAMA : un titre recentré sur le soin
Depuis le 1er septembre 2025, le titre SAMA (Secrétaire assistant médico-administratif, RNCP40800) a remplacé le titre SAMS (Secrétaire assistant médico-social). Ce changement va, à mon sens, dans le bon sens pour le métier. Le nouveau titre compte deux blocs, tous deux tournés vers la « structure médicale » : l'accueil du patient et les activités administratives courantes, puis l'assistance aux professionnels de santé dans le suivi et la coordination du parcours du patient. Il intègre la prise en compte des situations de handicap et l'usage quotidien des logiciels métier.
Pour les employeurs, c'est un signal clair : un(e) titulaire du SAMA a été évalué(e) sur des études de cas situées dans une structure médicale. Le détail des changements est expliqué dans notre article SAMS devient SAMA : ce qui change.
Ce que je souhaite pour la suite
Que l'on arrête de voir le secrétariat médical comme un poste de passage. C'est un métier qualifié, avec un titre de niveau 4 reconnu par le ministère du Travail. Il s'apprend en 16 mois en alternance, sans frais de formation pour l'apprenti(e), et le résultat se mesure : sur les cinq dernières sessions du titre SAMS préparées chez Exactétudes (2023 à 2026), 52 candidat(e)s sur 56 présenté(e)s ont obtenu le titre complet, soit 93 % (voir nos résultats et indicateurs).
Vous voulez connaître le quotidien du métier, ses lieux d'exercice et ses évolutions ? Tout est dans notre guide du métier de secrétaire médical(e). Vous souhaitez vous former ? Découvrez la formation de secrétaire médical(e) en alternance à Strasbourg. Vous recrutez ? Rendez-vous sur notre espace employeurs.
- France Compétences, fiche RNCP40800, TP Secrétaire assistant médico-administratif (consultée le 26/09/2026)
- France Stratégie et Dares, Les métiers en 2030, rapport du groupe Prospective des métiers et qualifications, mars 2022 (consulté le 26/09/2026)
- France Travail, enquête Besoins en main-d'œuvre (consultée le 26/09/2026)
- Groupe UGECAM, UGECAM Alsace : notre organisation (consulté le 26/09/2026)